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Pertinence et utilité des Indicateurs de développement urbain  pour la ville de Salé.

 

  1. Les acquis

L’Observatoire Urbain de Salé, relevant de notre association, a comme chacun le sait, produit et édité en 2016 et 2018, en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert,  deux rapports relatifs au développement urbain de notre ville. Ces rapports présentent un certain nombre d’indicateurs tels qu’ils étaient communiqués ou publiés par les départements concernés. Ils réunissent aussi de nombreuses analyses portant sur les problématiques de l’aménagement du territoire et des plans d’urbanisme, et les difficultés que rencontre le pilotage d’un développement urbain maitrisé, équilibré et harmonieux de la ville de Salé.

Tout en étant satisfaits des efforts déployés pour produire les rapports susmentionnés et après évaluation de leurs retombées, il nous semble nécessaire aujourd’hui de nous poser des questions sur l’utilité de ces indicateurs pour les pouvoirs publics et les autorités locales, pour les élus, pour les associations, et pour toutes les parties prenantes soucieuses du développement urbain de la ville. Doit-on continuer à travailler sur plus de 90 indicateurs, ou doit-on nous limiter à un nombre réduits d’indicateurs pertinents qui répondent à des objectifs spécifiques et précis ? Notre but n’est pas de produire une monographie de la ville, ce qui peut être très intéressant par ailleurs, mais plutôt d’aboutir à l’élaboration  d’un tableau de bord qui permet de suivre périodiquement la performance de la gestion urbaine de la ville selon les objectifs préalablement établis.

  1. Des indicateurs de développement urbain, Pourquoi faire ?

Avant de produire un tableau de bord et des indicateurs de développement urbain, il faut d’abord préciser pourquoi nous entreprenons ce travail, à qui va-t-il servir, et quelles sont les limites objectives de ce type d’outils.

Nous convenons de prime abord que notre démarche s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de développement durable de la ville de Salé. Notre volonté est de contribuer à freiner le développement anarchique de la ville, améliorer le cadre de vie du citoyen, mettre en place un environnement vivable et viable pour un développement durable. Le développement durable signifie  la mise en place d’un nouveau mode de développement qui vise à long terme à faire coïncider trois objectifs : la préservation du capital naturel et des écosystèmes pour les générations futures, l’inclusion c’est-à-dire la justice sociale et l’épanouissement de l’ensemble des citoyens, et le développement économique générateur d’activités et d’emplois.

Pour cela, nous suggérons de nous concentrer en priorité sur les indicateurs (IDD) qui permettent de faire du développement durable le principal levier de l’aménagement du territoire.

Les IDD, une fois retenus et validés par les parties prenantes (autorités scientifiques, pouvoirs publics, associations concernées, …) devraient constituer un tableau de bord, qui sera périodiquement actualisé, et qui devrait répondre à plusieurs objectifs :

  • Informer tous les intervenants intéressés par le développement de la ville, les associations, les groupements professionnels, les chercheurs et universitaires, et surtout les décideurs de la politique publique,
  • Procéder au benchmark avec d’autres villes au niveau national et international, et avec la moyenne nationale,
  • Permettre aux décideurs publics de fixer des objectifs à court, à moyen et à long terme pour ces indicateurs, dans le cadre du plan stratégique du développement urbain, et dans le cadre de leurs engagements vis-à-vis des électeurs et de la société civile,
  • Mesurer la progression périodique par rapport aux normes internationales et/ou par rapport aux objectifs de développement durable déclarés et convenus,
  • et utiliser ces résultats par toute instance qui souhaite impacter les décisions de la politique urbaine de la ville ou évaluer les performances de gestion des décideurs publics.

Ceci dit, il ne faut pas perdre de vue que le choix des indicateurs demeure conventionnel, voire arbitraire, et qu’il y a souvent absence de consensus quant à leur nombre, leur cadre conceptuel, leur portée et leur utilisation. Il faut enfin rappeler que les indicateurs ne mesurent que certains aspects au détriment d’autres. D’autres approches, analyses et enquêtes, telles que  les études et les sondages doivent venir compléter le tableau notamment en mettant en exergue les préférences des citoyens, et les dimensions qualitatives que les chiffres ne peuvent décrire.

  • Proposition d’une liste restreinte d’IDD

Afin d’optimiser nos efforts, nous allons proposer une liste d’IDD qui couvre assez largement les volets du développement durable de la ville sans pour autant que leur nombre ne dépasse une quarantaine. Il s’agit aussi, tant que faire se peut, de choisir des indicateurs pour lesquels on pourrait éventuellement fixer ou négocier des objectifs, avec les managers et les décideurs concernés, de manière à pouvoir apprécier objectivement les taux de réalisation des objectifs convenus. Ceci ne concerne bien entendu que les indicateurs sur lesquels les décideurs politiques locaux peuvent agir de manière directe ou indirecte.

Chaque indicateur serait suivi dans le temps (annuellement ou tous les deux ans), et comparé à la moyenne nationale et éventuellement au chiffre cible convenu.

  • Indicateurs démographiques :

L’urbanisation ou l’aménagement d’un ou plusieurs quartiers de manière plus ou moins dense dépend des choix urbanistiques des décideurs. Par ailleurs, la densité de la population de la ville n’est en fait qu’une moyenne qui peut cacher des densités diverses selon les quartiers et les zone urbaines de la cité.  En général, La densité d’un quartier de la ville dépend  du type d’activité dans ce secteur géographique, des caractéristiques des espaces avoisinants,   et des objectifs que les décideurs souhaitent atteindre.  Ainsi, selon la réalité de la ville ou d’un quartier (vocation économique et rôle dans la structure urbaine de l’agglomération), l’aménagement sera totalement différent. Cependant, faute de pouvoir disposer de la densité par quartier, on devra se limiter aux indicateurs de la ville dans son ensemble. Les indicateurs proposés sont les suivants

  • Densité de la population urbaine : il s’agit bien entendu du nombre d’habitants par kilomètre carré d’espace urbanisé,
  • Taux de croissance démographique avec ses trois composantes : l’accroissement naturel (taux de natalité – taux de mortalité), solde de l’exode et de la mobilité, et l’extension du périmètre urbain,
  • Taux d’urbanisation ou pourcentage de la population habitant les communes urbaines par rapport à l’ensemble de la population de la préfecture,
  • Population par tranche d’âge,
  • Indicateurs de la Santé de la population

On a souvent tendance à oublier que la santé des citoyens est très impactée par les mesures municipales et les décisions administratives prises dans le domaine de l’aménagement du territoire et des choix urbanistiques. Or l’état de santé de la population dépend de la disponibilité des infrastructures médicales, de la qualité de l’air et de l’eau, des espaces favorisant  la pratique du sport, et des espaces verts et de détente. L’emplacement des quartiers industriels et celui des infrastructures nuisibles en général influence aussi l’état de santé de la population. Pour évaluer en bref l’environnement de santé de la population de la ville, on peut se baser sur les indicateurs suivants :

  • Nombre de consultations médicales dans les hôpitaux publics,
  • Nombre de lits d’hôpital pour 10000 habitants,
  • Nombre et pourcentage de la population bénéficiant d’une couverture  médicale.
  • Nombre de médecins pour 10000habitants,
  • Consommation annuelle de médicaments,
  • Espérance de vie à la naissance,
  • Nombre d’adhérents aux clubs et associations sportives,

L’impact des activités sportives sur l’état de santé de la population  est indéniable. La pratique sportive dépend cependant de la disponibilité et de la proximité des infrastructures, mais aussi de leur accessibilité par la majorité des citoyens. La responsabilité des décideurs de la politique urbaine est donc de répartir les infrastructures de manière équitable entre les différents quartiers et faciliter leur accès tout en assurant la maintenance et la pérennité.

  • Transport et mobilité

Il faut se concentrer dans cette partie sur les transports en commun, et peut-être plus encore sur les transports en commun non polluants. Leur contribution au bien-être des citoyens est double : ils sont économiques et ils utilisent principalement des sources d’énergie renouvelables (L’exemple de la ville de Marrakech est intéressant à cet égard). L’objectif du déploiement d’un réseau efficace de transport en commun aussi écologique que possible est de réduire l’utilisation des voiture particulières, réduire l’emprise et les congestions routières, diminuer la pollution, les accidents de la circulation, …etc. les indicateurs proposés à ce niveau sont les suivants :

  • Nombre et % d’utilisateurs des transports en commun de la ville,
  • Nombre de véhicules automobiles particuliers, et ratio pour 100 habitants
  • Répartition des passagers par mode de transport
  • Activité, emploi et chômage

Les indicateurs d’activité, d’emploi et de chômage dépendent dans une large mesure du contexte économique général national, voire international. Néanmoins, la politique d’aménagement du territoire peut aussi avoir son mot à dire. La création de nouvelles zones d’activité économiques industrielles, commerciales, ou de services, la création et l’entretien de parcs et de sites historiques, et en général la dynamisation de la vie économique et culturelle de la ville sont susceptibles de promouvoir de nouveau emplois et revitaliser le marché du travail.

Dans le même sens, le taux de chômage, qui est un indicateur économique par excellence, n’est que le résultat de l’état du marché du travail et de la conjoncture économique. Il n’en demeure pas moins que des décisions relatives à l’aménagement du territoire et à la politique urbaine peuvent impacter le niveau du chômage dans la ville. Ainsi l’attraction et la promotion des investissements par les administrations locales et les services municipaux, la garantie de la sécurité, le soutien aux établissements de formation, sont autant d’actions des décideurs publics qui peuvent influencer positivement ou négativement le niveau du chômage dans la ville. On retiendra donc les indicateurs classiques d’activité, de chômage, et de niveau moyen de revenus pour suivre l’évolution du marché du travail et du niveau de vie de la population.

 

  • Taux d’activité global et par genre (F et M)
  • Taux de chômage global et par genre (F et M)
  • Nombre de créations d’emplois (tous secteurs confondus)
  • Revenu moyen ou médian des ménages
  • Education

Le niveau d’éducation d’une population dépend entre autres de facteurs socioéconomiques intrinsèques (pauvreté, niveau d’éducation de la famille), et aussi de la politique publique de l’Etat central dans le domaine de l’enseignement. Cependant, les décideurs de la politique urbaine d’une ville peuvent influencer sensiblement le niveau d’éducation de la population dans un sens ou dans l’autre. Ils peuvent jouer un rôle primordial dans l’offre scolaire de proximité, surtout pour ce qui est de l’enseignement préscolaire moderne, ils peuvent promouvoir les associations qui luttent contre les déperditions scolaires et dynamisent la vie culturelle dans les établissements scolaires et  dans la cité, et ils peuvent intervenir pour faire des écoles publiques et des lycées des lieux très attractifs favorisant la réussite scolaire et l’excellence des élèves.  On retiendra pour cet axe les indicateurs suivants,

 

  • Répartition de la population selon le dernier diplôme obtenu
  • Taux d’analphabétisme
  • Taux de scolarité des jeunes de moins de 16 ans (âge légal de la scolarisation obligatoire)
  • Nombre et taux de réussite des bacheliers par année
  • Nombre d’élèves et taux de scolarité par cycle d’enseignement et distribution Public-Privé
  • Effectif et distribution des bénéficiaires de la formation professionnelle
  • Indicateurs de solidarité et de citoyenneté

Dans ce paragraphe, il ya lieu de suivre des indicateurs pouvant informer sur la proportion de la population pauvre, celle qui bénéficie des aides publiques, et des indicateurs sur le degré d’engagement des citoyens dans la gestion des affaires publiques et dans les élections.

Nous proposons également dans ce paragraphe d’inclure un indicateur sur le taux d’implication des habitants de la ville dans la gestion et la surveillance des affaires publiques. La participation des citoyens aux élections est un indicateur de cette participation, mais il reste lui-même influencé par le niveau de confiance que font les citoyens au système électoral, le poids réel des pouvoirs dont disposent les élus, et la perception que les électeurs ont des hommes politiques en général. Les responsables de la politique de la ville peuvent contribuer à l’amélioration de l’implication des citoyens dans la gestion des affaires publiques en favorisant le développement de centres communautaires et les espaces de discussions et de débat (y compris les web-radios associatives), et gagner la confiance des citoyens en matière de droiture, d’intégrité et d’efficacité. Nous proposons de suivre ces axes grâce aux indicateurs suivants,

 

  • Nombre et taux de bénéficiaires de l’aide sociale publique
  • Taux de participation aux élections municipales
  • Taux de participation aux élections nationales
  • Nombre et % de la population habitant les logements insalubres
  • Ordre public et sécurité

Si la population bénéficiant des aides sociales est directement liée à la pauvreté, la criminalité par contre dépend de plusieurs facteurs, tels que le chômage, la pauvreté, les grandes inégalités sociales, et les trop fortes densités urbaines, notamment dans les quartiers insalubres se trouvant souvent dans la périphérie de la ville. L’aménagement urbain et la politique de la ville peuvent jouer un rôle dans la baisse du taux de criminalité, non seulement en y apportant une réponse sécuritaire, mais surtout en s’attaquant aux sources originelles du mal .

L’indicateur sur la criminalité et la délinquance d’une partie de la population est le suivant:

29- Taux de criminalité (nombre d’infractions de type pénal, constatées par la police et la gendarmerie par rapport à la population)

  • Indicateurs écologiques

L’un des grands problèmes des villes au Maroc est le manque d’espaces verts en présence d’une très forte densité de constructions et de logements. Face  à ce constat, l’aménagement de la nature et des espaces verts dans la ville va devenir un enjeu crucial dans les années prochaines car il induit un bras de fer entre le développement de la ville durable et la réalisation de profits financiers colossaux et immédiats.  La très forte densité urbaine implique aussi les problèmes de gestion des déchets solides et liquides. Une ville qui s’inscrit dans le développement durable doit s’engager dans le processus de recyclage de ces déchets. Toutefois, cela nécessite la mise en place d’infrastructures pour le traitement, et un processus par lequel le recyclage commence dans les foyers et dans les poubelles de rue, notamment par le tri dans des poubelles spécialisées. De tels projets peuvent commencer dans un ou deux quartiers à titre expérimental car l’engagement des citoyens dans une telle démarche dépend de facteurs socioéconomiques et du niveau d’éducation de la population ciblée. Trois indicateurs permettent d’avoir une idée sur la situation écologique de la ville,

 

  • Quantité de déchets par habitants
  • Quantité et pourcentage de déchets recyclés
  • Superficie des espaces naturels de conservation
  • Production et consommation annuelle d’énergie renouvelable
  • Consommation d’énergie et d’eau par habitant
  • Dépenses publiques liées à l’environnement

HABITAT ET LOGEMENTS

Nous proposons à cet égard les indicateurs suivants :

  • Autorisations de construire
  • Répartition des habitats selon le type de logements
  • Infractions aux lois de l’urbanisme

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Cette proposition d’indicateurs est provisoire. La liste peut être bien entendu revue en fonction de la disponibilité des données, de la possibilité de calcul des ratios et pourcentages, elle peut être aussi complétée par d’autres indicateurs que les experts ou les différentes parties prenantes estiment nécessaires, et qui sont accessibles. Le plus important c’est de pouvoir préciser la source de calcul de chaque indicateur, d’en préciser la date de référence, de le comparer aux normes, et de suivre son évolution dans le temps. L’étape suivante serait de pouvoir fixer des objectifs à atteindre par les décideurs et les autorités qui gèrent la politique urbaine, afin d’évaluer ultérieurement les réalisations sur la base de données objectives et mesurables.

Salé,  Septembre 2019

Association SALA ALMOUSTAQBAL

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